L’hotel ELberg

Ou l’histoire de la famille Boudlet à Mouscron

Arrivés à la fin des années 20, Arthur Boudlet (instituteur – 1882-1968) et Thérèse Neuville (cuisinière) arrivent des Ardennes (Izier, près de Durbuy) avec leurs quatre enfants.

Arthur Boudlet assure de nombreuses classes à l’école Saint Augustin au Tuquet. Son épouse obtient la gestion du Cercle Avenir, situé au coin de la rue des Moulins et de la rue de Tourcoing.

Après quelques années, ils créent une pension de famille dans la rue du Luxembourg, la « pension Remy », du nom de leur fils.

Ils poursuivent ensuite leur périple vers Tournai pour enfin et définitivement aboutir sur la Grand Place, à l’hôtel Elberg. L’établissement sera dans un premier temps loué puis acheté à la famille Bourgois.

Vint ensuite la guerre avec l’occupation de Mouscron par l’armée allemande. A cette époque, l’hôtel sera réquisitionné par l’état-major allemand. Il est à ce moment toujours géré par Thérèse et Arthur ainsi que leur fils Remy, fraîchement diplômé de l’école hôtelière.

Remy s’enfuit alors de Mouscron en compagnie de quelques amis, dont Fernand Daneau, pour rejoindre l’Angleterre après un parcours épique passant par un camp de travail dans le Golfe de Gascogne, une évasion et enfin l’Espagne et le Portugal via les Pyrénées.

Finalement arrivés sur place, les amis s’engagent pour l’armée belge en Angleterre, au sein de la célèbre brigade Piron. Ils effectueront le débarquement en Normandie et vont participer à la libération de Mouscron le 5 septembre 1944.

La guerre arrivant à son terme, Remy reprend la gestion de l’Hôtel Elberg et se marie avec Solange Dumortier, une voisine de la Grand Place qui va progressivement imprimer un essor magnifique à l’établissement. L’hôtel prospère, le restaurant aussi, on agrandit la salle arrière pour lui donner une capacité de 250 personnes. Vingt nouvelles chambres sont également créées. Les fourneaux sont alors tenus de main de maître par Noëlla Vergote qui s’était formée auprès de Thérèse (l’épouse d’Arthur)

La seconde apogée de l’hôtel Elberg, la première étant le retour de Remy à Mouscron avec la brigade Piron, se déroule lors du banquet organisé dans la salle du Vieux Fourneau, à l’occasion de la visite du Roi Baudouin et de la Reine Fabiola. Les Fourneaux sont à ce moment tenus par Pierre-Jean, fils aîné de Remy et Solange, toujours aidé par Noëlla. En salle, son frère Jacques, étudiant en médecine, officie comme maître d’hôtel. Durant cette période, le restaurant continue de gagner en renommée. Les banquets, réveillons, « ducasses à pierrot » se succèdent.

Pierre-Jean reprend alors seul les rênes de l’hôtel en 1976. Son fils Laurent lui succèdera en 2004 et transformera l’Elberg et changera son nom en Mezzoo.

Après quelques années plus sombres, nous voici en 2018, l’établissement renaît de ses cendres, réouvre et retrouve son nom d’hôtel Elberg, sous la houlette de François Boudlet.

Soyez-y toujours les bienvenus !